Déces de René PELLETIER, ancien Résistant

Décédé dans sa 99ème année le 22 mai 2022.                                                                  Les obsèques religieuses ont eu lieu en la chapelle du crématorium de La Seyne-sur-Mer, le 31 mai 2022

René PELLETIER
31 janvier 1924 – 22 mai 2022
Résistant FTPF dans le Pas-de-Calais

Oraison funèbre :

René s’en est allé ce 22 mai 2022 vers des cieux meilleurs, terme d’une vie de près d’un siècle conduite par le devoir, l’honneur, le courage et l’espérance.
René voit le jour le 31 janvier 1924 à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle.
A la fin de l’année 1941, soucieux de s’opposer à l’occupation nazie allemande, René s’engage dans le premier mouvement clandestin qui lui « tombe sous la main », en l’occurrence les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) du Pas-de-Calais. Dans le secteur de Sallaumines, René devient le matricule 21-40. Son tempérament pousse ses supérieurs à le nommer à la tête d’un canton, composé de cinq, puis douze résistants. S’en suivent trois années de clandestinité complète. Trois années à changer constamment d’identité, de cache, de couleur de cheveux, de vélo, d‘agent de liaison ! Trois années de clandestinité qui forgèrent son caractère.
« Où est Jean ? ». A plusieurs reprises, la maison de ses parents est perquisitionnée et fouillée par la Gestapo, l’arme sur le front de son père. « Jean » n’est pas là, jamais.
« Sa » résistance est particulièrement marquée par les multiples déraillements auxquels il
participe, mais également par les exécutions qu’il doit effectuer, ce qui le marque considérablement.

Parmi les évènements marquants qui jalonnent son parcours d’exception, cette course-
poursuite à Bully-Grenay où il échappe de peu à la Gestapo, mais surtout son transfert dans le Char, en 1943, anecdote qu’il a mis deux ans à me raconter. Face à lui, en pleine nuit, un « grand résistant »,
pour reprendre ses mots, arrive en piper, descend de l’avion. Cinquante mètres à l’avant, René le convoie, prêt à donner sa vie pour le protéger. Ce « grand résistant », c’était Jean Moulin.
Durant son parcours en clandestinité, René perd beaucoup de camarades, fusillés, déportés, abattus sommairement. Son silence était trompeur : il ne les a jamais oubliés.
Soucieux de tourner la page après ces quatre années particulièrement douloureuses et
pénibles de la Résistance, René s’engage au sein du 2ème Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine, qui le mène en 1947 combattre dans les vastes plaines et rizières indochinoises. Son bêret roue ne le quittera qu’au retour de la guerre d’Algérie, avec son retour à la vie civile.
Par humilité, certainement, marque des « Grands Hommes », René a tu son parcours
exceptionnel dans la Résistance. Je ne saurai conclure sans citer ses propres mots : « Cette jeunesse m’a marqué à jamais. Les souvenirs les plus marquants, notamment les exécutions de mes camarades me suivent encore et me suivront toujours. Toutes ces souffrances ne seront jamais vaines ».
Vous voici tous réunis. Nous voici tous réunis.
Ma reconnaissance vous est éternelle.
Adieu, cher René.

 

Texte Néo Verriest  membre de l’association Varoise.

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