22 août 1962, attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle

 Le 22 août 1962, le Général de Gaulle échappe de justesse à un attentat dans le sud de Paris. Il était à bord de la Citroën DS 19 qui a réussi à prendre la fuite. Cette année-là, De Gaulle était déjà une légende, sa voiture l’est devenue également.

Il est environ 20h20, En bord de route, un homme agite un journal. Cerveau de l’attentat, Jean-Marie Bastien-Thiry, un polytechnicien, vient de donner le signal. L’opération – nom de code « Charlotte Corday » – est menée par des conjurés mus par une même haine du « traître » de Gaulle, accusé d’avoir précipité la fin de l’Algérie française et de livrer le pays au communisme.

Le plus jeune a 20 ans. Pas très aguerri, ce commando  proche de l’OAS ouvre le feu. D’abord au fusil-mitrailleur depuis une estafette jaune. Puis d’un second véhicule garé plus loin. L’opération ne dure que 45 secondes. Plus de 150 balles sont tirées, la voiture présidentielle porte huit impacts, trois balles ont traversé l’habitacle. Le couple est couvert d’éclats de verre mais sain et sauf.

« Hasard incroyable !« , dira le général dans ses mémoires. Ils doivent une fière chandelle au sang froid de leur chauffeur Francis Marroux – c’est déjà lui qui conduisait la voiture présidentielle, un an plus tôt, lors de l’attentat de Pont-sur-Seine, aussi commandité, on le saura plus tard, par Bastien-Thiry – et de leur gendre, Alain de Boissieu, qui, assis à l’avant, intime « A terre, Père ! »Sur deux jantes et deux pneus, la DS parvient jusqu’à l’aéroport tout proche. Imperturbable, de Gaulle passe en revue, comme chaque fois, les soldats. Tout juste glisse-t-il à son gendre, en montant dans l’avion sans changer ses plans : « Cette fois, c’était tangent ! » Il a failli mourir avenue de la Libération. Un comble pourl’homme du 18 juin  

Vite interpellé, l’un des maillons faibles se met à table. Presque tous les conjurés sont arrêtés, dont leur chef, Bastien-Thiry, le 15 septembre. Le procès s’ouvre fin janvier 1963. Devant une juridiction d’exception, la Cour militaire de justice, neuf hommes sont sur le banc des accusés. Défendus notamment par Jacques Isorni, l’avocat de Pétain, et Jean-Louis Tixier-Vignancour, qui sera candidat d’extrême droite à la présidentielle de 1965 face… à de Gaulle.

Trois sont condamnés à mort. Le général en gracie deux. Bastien-Thiry, 35 ans, est lui passé par les armes le 11 mars. Il sera le dernier condamné à mort fusillé en France. Pas question pour de Gaulle de pardonner à celui qui a attenté à la vie de son épouse.

Tout aussi impavide, « Tante Yvonne » aurait eu, lors de l’attentat, cette simple phrase, passée à la postérité : « j’espère que les poulets n’ont rien eu« . Allusion non pas aux policiers mais à la volaille en gelée dans le coffre…

article de Geo

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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