Le 9 novembre 1970 marque effectivement la disparition du général Charles de Gaulle, figure majeure de l’histoire française : chef de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, fondateur et premier président de la Cinquième République. Sa phrase célèbre, « Il n’y a pas de gaullisme de gauche ni de droite », illustre bien sa vision d’un rassemblement au-delà des clivages partisans.
Voici un panorama complet du gaullisme, ses fondements, son évolution et son influence :
1. Définition et principes
Le gaullisme est une pensée politique inspirée des idées et de l’action du général Charles de Gaulle. Il ne s’agit pas d’une idéologie figée mais d’une doctrine pragmatique, guidée par quelques principes intangibles :
- Indépendance nationale : refus de toute subordination à une puissance étrangère, affirmation de la souveraineté française.
- Grandeur de la France : une « certaine idée de la France » comme nation forte et influente.
- État fort et exécutif puissant : création d’institutions stables (Constitution de 1958), recours au référendum, primauté présidentielle.
- Justice sociale et participation : volonté d’associer les salariés à la vie économique, intervention de l’État pour réguler.
- Pragmatisme : adaptation des moyens aux circonstances, sans dogmatisme.
- Défiance envers les blocs : politique étrangère indépendante, refus de l’alignement systématique (ex. retrait du commandement intégré de l’OTAN en 1966).
- Décolonisation : ouverture aux peuples du tiers-monde, politique de coopération.
2. Dimensions du gaullisme
Le gaullisme se décline en trois dimensions majeures :
- Historique : né dans la Résistance (1940-1944), il incarne le refus de la défaite et la lutte pour la liberté.
- Philosophique : volontarisme contre fatalisme, légitimité supérieure à la légalité, primauté de l’action.
- Politique : mise en œuvre sous la Ve République (1958-1969), avec des réformes institutionnelles, économiques et sociales.
3. Courants et évolutions
Le gaullisme n’est pas monolithique. Il a connu plusieurs courants :
- Gaullisme traditionnel : centré sur l’État fort et la souveraineté.
- Gaullisme social : porté par des figures comme Chaban-Delmas ou Séguin, favorable à la démocratie sociale.
- Gaullisme de gauche : minoritaire, défendant la participation et des valeurs sociales (ex. Louis Vallon, René Capitant).
- Néogaullisme : après 1970, glissement vers la droite, adoption du libéralisme économique et rapprochement avec l’Europe supranationale.
4. Influence sur la politique française
Le gaullisme a profondément marqué la France :
- Institutionnel : création de la Ve République, renforcement du pouvoir exécutif.
- Politique étrangère : affirmation d’une diplomatie indépendante (ex. politique de grandeur, retrait de l’OTAN).
- Économie et société : nationalisations, sécurité sociale, participation.
- Culture politique : le gaullisme est devenu un « lieu de mémoire » et une référence transpartisane, parfois qualifié de « dernière grande religion laïque nationale ».














