Une journée à forte portée mémorielle le 8 mai

 


Le 8 mai, date de la victoire de 1945 en Europe, n’a pas toujours été un jour férié en France. Son statut a évolué au fil des décennies en fonction des priorités politiques, économiques et diplomatiques du pays.

Dans les années 1950, alors que la France est en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement décide en 1953 de supprimer le caractère férié du 8 mai. L’objectif est alors économique : réduire le nombre de jours non travaillés pour favoriser la reprise et la croissance. La commémoration est maintenue, mais elle se déroule désormais sans interruption de l’activité.

À la fin des années 1960, une nouvelle étape est franchie. En 1969, dans un contexte de rapprochement franco-allemand et de construction européenne, la commémoration officielle du 8 mai est supprimée. L’idée est d’éviter de célébrer chaque année une victoire militaire sur une Allemagne devenue un partenaire essentiel. Il s’agit de tourner la page des conflits pour mieux construire l’avenir.

Cependant, cette décision suscite des critiques, notamment de la part des anciens combattants et de ceux attachés au devoir de mémoire. En 1981, le 8 mai est finalement rétabli comme jour férié et commémoration nationale. Ce retour traduit une volonté de mieux reconnaître les sacrifices de la guerre et de préserver la mémoire collective, dans un contexte où la réconciliation européenne est désormais solidement établie.

Ainsi, l’histoire du 8 mai en France illustre un équilibre entre mémoire du passé, exigences économiques et enjeux diplomatiques. Aujourd’hui, cette date incarne à la fois la victoire, la paix retrouvée et le devoir de se souvenir.

Explications:

À la fin de la présidence de Charles de Gaulle, puis sous Georges Pompidou :

  • En 1969, la commémoration officielle est supprimée. Objectif : ne plus célébrer chaque année une victoire sur l’Allemagne, devenue partenaire.

Cela s’inscrit dans :

  • la construction européenne, le rapprochement franco-allemand engagé notamment avec le Élysée 

 L’idée est de regarder vers l’avenir plutôt que vers le confli.

. Retour de la mémoire (1981)

Le président François Mitterrand rétablit le 8 mai comme jour férié et commémoration nationale.

Devoir de mémoire

 Volonté de mieux reconnaître l’histoire de la guerre et ses victimes.

Reconnaissance des anciens combattants

 Forte demande des associations d’anciens combattants.

 Contexte apaisé en Europe

 La réconciliation avec l’Allemagne est désormais solide.

 On peut commémorer sans remettre en cause les relations diplomatiques.

 Mémoire et réconciliation deviennent compatibles.

 

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